Parmi les sorties de septembre, deux autres albums prennent eux aussi appui sur l’Histoire.
«Le Pavé Originel» raconte avec...
«Je suis fasciné par la mer, les rivages et l’atmosphère que l’on y rencontre», dit Séra. En prenant le large...
«Clandestine» est d’une tout autre veine: un dessin enfantin signé Marc-Renier et un récit autobiographique de Virginie...
Les secrets de famille sont une source d’inspiration inépuisable pour la littérature. La bande dessinée n’y échappe...
C’est sans doute en regardant par la fenêtre de son nouveau chez lui, sur l’île d’Oléron, que Chabouté a eu l’idée de son dernier album. «Tout seul» raconte la singulière histoire d’un homme abandonné sur le phare où il est né et où il a toujours vécu.Le phare est automatisé depuis longtemps mais à sa mort, son père a tout bien goupillé, s’arrangeant notamment avec un pêcheur du coin, pour qu’il puisse continuer à s’y cacher.
Tout au long des 370 pages de cet immense rocher, Chabouté nous fait partager, au rythme lancinant des marées, l’incroyable solitude de cet homme, sorte d’Elephant Man des mers, échoué sur sa minuscule île déserte.

Ses seuls liens avec l’extérieur se limitent à la caisse de nourriture, de médicaments et d’hameçons que lui dépose chaque semaine le pêcheur, à une balle de tennis, une pelle abandonnée sur une plage que la marée a fait dériver jusqu’à lui, et surtout un vieux dictionnaire.
En se plongeant dans ce bouquin, aussi racorni que lui, le naufragé du phare tente d’imaginer le monde qui l’entoure.
C’est parfois drôle, comme cette vision toute personnelle du hautbois, «n.m, instrument de musique à trous et à clefs». C’est souvent émouvant. Mais c’est surtout plus puissant qu’une tempête au large du la pointe du Raz.
Toujours plus économe en mots, encore plus précis dans son trait, Chabouté réussit une nouvelle fois à tenir en haleine ses lecteurs avec une histoire extraordinaire, belle comme une plage abandonnée sous le ciel gris et bas d’un triste jour d’automne.
A.L.N.

