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Gaston Lagaffe n'avait jamais été portées à l'écran. Angoulême participe à l'aventure.
C'est la revanche du héros sans emploi. Gaston Lagaffe, le personnage le plus indolent, paresseux et gaffeur de la BD, celui-là même qui passe le plus clair de son temps à se cacher dans une armoire pour éviter de travailler ou à dormir sur son bureau, débarque à Angoulême... et recrute. Douze techniciens de l'animation dans un premier temps, et sans doute jusqu'à vingt-cinq quand la machine sera bien lancée, vont travailler -entre autres- sur une série télé consacrée au «bébé» de Franquin.
Le studio d'animation parisien Normaal vient en effet de le confirmer, il a décidé d'installer un bureau dans la capitale du neuvième art. Au moins trois raisons l'ont incité à le faire, explique Olivier Nomen, responsable de la production chez Normaal.

La saison 1 de Mandarine and Co a fonctionné du tonnerre. Le studio Normaal prépare la saison 2
• repros France Télévisions/Normaal animation
1) Parce que le volume de productions commandé est devenu tellement important qu'il n'est plus possible au studio de se cantonner au seul site parisien. 2) Parce qu'à Angoulême, avec l'Emca, l'Ecole des métiers du cinéma et d'animation, la société se dit certaine de trouver les personnels compétents et disponibles pour réaliser ses projets. 3) Parce que Normaal a été «sensible» aux aides substantielles promises pour s'implanter dans le périmètre dévolu au Pôle image.
Et puis, poursuit Olivier Nomen, entre Angoulême et Normaal, il y a aussi une histoire commune: «70% de nos personnels (ils sont environ 25 à travailler en permanence à Paris) sont issus de l'Emca». Le fondateur de l'entreprise, lui-même, Alexis Lavillat, devenu en vingt ans un poids lourd du monde de l'animation, est un ancien des Beaux-Arts d'Angoulême. En Charente, le studio va s'installer «dans un premier temps», dans des locaux voisins d'Antefilms, avenue de Cognac. «Le temps de rénover un local sur lequel on a jeté notre dévolu, de l'autre côté de la Charente, à côté de l'Emca», confie Olivier Nomen.
«Pas là pour faire un coup»
Le responsable de la production sait déjà que les petites mains de Normaal n'auront pas le temps de s'ennuyer. Le studio a plusieurs fers au feu. Il y a donc Gaston Lagaffe, d'après Franquin, avec 78 épisodes de 7 minutes à réaliser pour France Télévisions, mais aussi Mandarine and Cow, pour France 3. Normaal a déjà réalisé la première saison de cette série qui, de toute évidence, a cartonné. «Suffisamment en tout cas pour qu'on nous commande 78 nouveaux épisodes.» Normaal produit par ailleurs, en ce moment, 104 épisodes de 2 minutes de la série Class'tête, pour Canal plus.
La grande particularité de la société d'Alexis Lavillat, qui justifie encore l'installation d'une nouvelle antenne, c'est une volonté «de tout réaliser en interne, quand la plupart des studios sous-traitent certaines phases de la production des séries animées, saucissonnant ainsi la fabrication», ajoute Olivier Nomen.
Normaal devrait démarrer la production à Angoulême à la mi-juin. Au moins, vingt-deux mois de travail en perspective pour réaliser les premiers Gaston et Mandarine and Cow, estime Olivier Nomen. Le responsable de la production se défend d'installer le studio à Angoulême «pour faire un coup». Normaal se dit persuadé qu'elle pourra décrocher de nouveaux marchés pour s'installer durablement sur le sol angoumoisin.